Rééducation, mémoire à court terme et dyslexie: évitons de faire dire à la recherche ce qu’elle ne dit pas…

 

S’il y a un trouble qui a la vie dure en ce qui a trait aux fausses croyances, celui de la dyslexie est probablement en tête de peloton.

Les propositions de rééducation sont diverses et parfois remplies de fausses promesses. Une des méthodes fréquemment citées consiste à rééduquer la dyslexie via la mémoire à court terme. Les résultats sont toutefois souvent décevants… Voici donc quelques faits avérés, issus de données probantes, à ce sujet:

  • FAIT: pour l’instant, peu d’études ont évalué l’efficacité et la validité de la rééducation de la mémoire à court terme dans la dyslexie. Nous en sommes beaucoup plus au stade de l’hypothèse théorique qu’à l’efficacité démontrée!
  • FAITS: La méthode par « récapitulation articulatoire » (consistant à rafraîchir les informations à maintenir via leur répétition subvocale), le fameux Drill au maintien d’informations phonologiques, les programmes d’entraînement des processus d’analyse phonologique, les stratégies de rééducation de la composante sérielle de la mémoire à court terme n’ont pas d’efficacité démontrée spécifiquement sur la lecture;
  • FAIT: En ce qui a trait à l’entraînement de la mémoire à court terme à partir de programmes informatisés tels que Cogmed ou Jungle Memory, bien qu’intéressants et encourageants à certains égards, ils n’ont pour le moment pas fait leurs preuves d’efficacité chez nos petits lecteurs atypiques!

Finalement, étant donné le manque de travaux concernant l’efficacité des différents types d’approches de rééducation de la mémoire à court terme versus la dyslexie, l’intervenant avisé se gardera de faire des recommandations hâtives et la prudence devra être de mise afin de ne pas créer de faux espoirs.

Références

Hitchcock, C. & Westwell, M.S. (2017). A cluster-randomised, controlled trial of the impact of Cogmed Working Memory Training on both academic performance and regulation of social, emotional and behavioural challenges. Journal of Child Psychology and Psychiatry, 58, 140-150. doi:10.1111/jcpp.12638

Majerus, S. & Poncelet, M. (2017). Dyslexia and short-memory/working memory deficits: Involvement for remediation. ANAE – Approche Neuropsychologique des Apprentissages chez l’Enfant. 29. 295-302.

Melby-Lervag, M., Redick, T. S. & Hulme, C. (2016). Working Memory Training Does Not Improve Performance on Measures of Intelligence or Other Measures of “Far Transfer”: Evidence from a Meta-Analytic Review. Perspectives in Psychological Sciences, 11, 512-534. doi:10.1177/1745691616635612

Swanson, H.L., Kehler, P. & Jerman, O. (2010). Working memory, strategy knowledge, and strategy instruction in children with reading disabilities. Journal of Learning Disabilities, 43, 24-47. doi:10.1177/0022219409338743

Von Bastian, C. & Oberauer, K. (2014). Effects and mechanisms of working memory training: a review. Psychological Research, 78, 803-820. doi:10.1007/s00426-013-0524-6

 

Publié par Louise Rodrigue, psychologue/neuropsychologue scolaire

Détentrice d’un grade de doctorat en psychologie, neuropsychologue en milieu scolaire et fondatrice du site WWW.1001NEURONESENACTION.COM

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