Gestion des émotions : nos suggestions

© Louise Rodrigue, psychologue/neuropsychologue scolaire

La gestion des émotions est un défi quotidien pour les élèves. Pour la grande majorité, l’intensité de ce défi est dans la norme compte tenu de leur niveau de développement. Pour d’autres, le défi peut toutefois s’avérer plus difficile à relever et un coup de pouce supplémentaire sera bienvenu.

Voici quelques suggestions pour vous guider:

🗝 Travaillez tout d’abord sur la reconnaissance des émotions.

Un truc: débutez par des exercices qui visent à nommer et à reconnaître des émotions positives, qui confrontent peu l’élève à sa difficulté. Il sera beaucoup moins résistant lorsqu’il s’agira d’aborder les émotions plus négatives, comme la colère ou la tristesse. Faites-lui nommer comment il se sent, par exemple les sensations physiques qu’il perçoit. Il peut même les dessiner. Amenez-le à évaluer son degré d’inconfort. Note: il est fort probable qu’il ait besoin de support au départ…

🗝 Accompagnez l’élève à identifier les contextes qui déclenchent ces émotions. Encore une fois, débutez par les émotions positives puis intégrez doucement les émotions à connotation plus négative. Aidez l’élève à identifier les événements et les éléments précurseurs (endroits, gens impliqués, etc.) Faites-lui décrire le contexte de la façon la plus détaillée possible.

💡 Un support visuel serait ici très aidant: vous pourrez certainement observer certaines cibles d’intervention si vous répétez l’exercice à plusieurs reprises…

🗝 Faites-lui décrire ses perceptions, ses pensées, ce qu’il se dit dans sa tête… puis, les comportements qui en résultent et les conséquences! (Pour les plus jeunes (ex.: préscolaire), cet exercice est particulièrement difficile: vous pouvez amorcer la démarche, mais il est tout à fait normal que certains n’y parviennent pas seuls).

🗝 Utilisez la technique de la résolution de problème pour choisir les stratégies les plus appropriées pour l’aider à s’apaiser. Faites avec lui l’inventaire des stratégies possibles, proposez-lui des stratégies, expérimentez, pesez les pours et les contres des différentes stratégies et ciblez avec l’élève celles qui semblent être les plus appropriées, en fonction de son âge, de sa préférence et de son applicabilité en contexte réel où l’émotion à l’habitude d’émerger.

Plusieurs stratégies et techniques peuvent être expérimentées: 

le contrôle de la respiration, la technique de la respiration abdominale, la technique de la cohérence cardiaque, la technique de relaxation musculaire, les techniques de l’étirement-relâchement, la pratique de l’acceptation et de la pleine conscience, le yoga ou la méditation, les stratégies de diversion de l’attention, les stratégies d’ancrage, les outils sensoriels, la pratique d’une activité physique intense, les pauses actives, les routines de décharge motrice, etc.

Dans tous les cas, la supervision d’un adulte est recommandé, surtout au début ou lorsque les émotions sont particulièrement intenses.

🗝 Pratiquez! Modelez! Faites des jeux de rôle! N’attendez pas d’être en situation de crise pour le faire: ce sera vain.

🗝 Aidez-le à évaluer l’intensité de ses émotions à l’aide d’un thermomètre des émotions. Il en existe une panoplie sur le web. À titre d’exemple, vous pouvez vous rendre sur le lien externe suivant de la Fondation Jasmin Roy:

https://fondationjasminroy.com/app/uploads/2020/09/FJRSD-COFFRE-à-OUTIL-Thermomètre-émotions-C2.pdf

⚠️ Tous les acteurs qui gravitent autour de l’élève devraient idéalement utiliser le même outil, afin d’être en mesure de l’appliquer en temps réel et de favoriser la généralisation. Le personnel devrait idéalement travailler en étroite collaboration. ⚠️

🗝 Pratiquez! Pratiquez! Pratiquez! Ne vous attendez pas à ce que l’élève accepte d’utiliser le thermomètre si vous n’avez pas pratiqué avant: au contraire, il risque même de le voir comme une intervention de punition avec le temps…

🗝 Lorsque l’élève sera confronté aux situations qui déclenchent son émotion, incitez-le à évaluer l’intensité de l’émotion ressentie, à observer son
degré de bien-être, à choisir et expérimenter un des moyens que vous aurez préalablement pratiqué.

🗝 Lorsque possible, diminuer les facteurs qui déclenchent ces émotions et ces comportements, abordez également ce point avec l’élève : est-il en mesure d’éviter certaines situations qui le mettent systématiquement dans l’embarras?

🗝 Assurez-vous que ses besoins de base sont comblées (alimentation, sommeil, activités physiques, etc.)

🗝 Un coin d’apaisement en classe ou près de la classe peut souvent s’avérer utile également. Il faudra toutefois veiller à lui expliquer en quoi consiste ce coin, quand et comment l’utiliser. Il s’agit d’un espace pour se relaxer, idéalement aménagé en conséquence (ex. : outils sensoriels, couleurs douces et lumières tamisées, musique calme, etc.).


⚠️ Important ⚠️

Ce n’est pas un endroit pour effectuer un retrait punitif!

En conclusion, en tant qu’acteurs du milieu de l’éducation, les intervenants scolaires ont certes un rôle à jouer privilégié en ce qui a trait au développement de l’autorégulation des élèves. La concertation et la collaboration entre les différentes parties prenantes est fortement souhaitable afin de s’assurer de la cohérence et de la portée des interventions. En accompagnant l’élève à pratiquer régulièrement la reconnaissance et l’expression de ses émotions, à s’auto-observer et à appliquer ses stratégies, il développera ses capacités d’autocontrôle et d’autorégulation émotionnelle.

Références

Verret, C. et Massé, L. (2017). Gérer ses émotions et s’affirmer positivement. Chenelière Éducation.

Dernière mise à jour: 20 juin 2021

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