Inhibition: nos stratégies

© Louise Rodrigue, psychologue/neuropsychologue scolaire

L’inhibition pose problème?

Voici quelques stratégies qui mériteraient d’être essayées:

  • Utiliser des listes de vérification et inciter, voire accompagner, l’élève quant à leur utilisation;
  • Pour un élève qui a de la difficulté sur le plan de l’inhibition verbale, il est possible de tenter l’utilisation des bâtonnets de droit de parole (ex.: il a droit à 6 bâtonnets de parole pendant la période). Pour les plus grands, il peut être utile de lui faire écrire ce qu’il veut dire et y revenir à un moment convenu à l’avance, convenir avec lui d’un rappel non verbal (ex.: un signe de la main ou une image collée sur son pupitre) pour demander le silence;
  • Fixer de petits objectifs clairs, concrets et mesurables afin de conscientiser l’élève à sa difficulté et favoriser son autocontrôle: un système de renforcement positif serait alors pertinent;
  • Utiliser l’analogie des casse-têtes pour le conscientiser au fait qu’il débute les tâches sans connaître l’ensemble des consignes: quelques morceaux ne suffisent pas à comprendre l’image complète;
  • Lorsque l’élève vous coupe la parole, résister à l’envie de renforcer son comportement en lui répondant immédiatement: il est préférable de lui demander d’attendre et de poursuivre le propos déjà entamé;
  • Conscientiser l’élève à son comportement. Pour ce faire, plusieurs techniques peuvent être utilisées: lui faire des reflets, le questionner pour le faire réfléchir sur lui-même, le filmer (avec un consentement obtenu au préalable évidemment!);
  • Lui enseigner explicitement ce qui est attendu. Nous supposons souvent que l’enfant sait quoi faire! Or, ce n’est pas nécessairement le cas;
  • Pour l’élève plus petit, il peut être intéressant de jouer à des jeux permettant de travailler l’inhibition et/ou l’autocontrôle (ex.: jouer au Roi du silence, à Jean dit, etc.)
Attention de ne pas faire la classique erreur de faire le jeu (point). L’élève ne transposera pas par lui-même la stratégie travaillée dans le jeu dans sa vie quotidienne! Il est nécessaire de lui expliquer ce que l’on travaille, de discuter avec lui des façons gagnantes à utiliser pour bien réussir dans le jeu, de le pratiquer en contexte de jeu, puis de l’accompagner à réinvestir ces stratégies en temps réel. 
  • Enseigner explicitement à l’élève à s’arrêter et à réfléchir avant de parler ou d’agir, à réfléchir aux conséquences de ses actes et paroles. Ceci peut par exemple se faire par modeling ou par jeu de rôles;
  • Travailler sur la gestion du stress: comme pour nous, il est plus facile pour l’élève de se contrôler lorsqu’il n’est pas envahi par le stress et l’anxiété;
  • Lui apprendre à mieux gérer ses émotions, à réagir avec un niveau approprié d’émotion selon la situation (tout un défi, nous en convenons)!

Malgré le fait que le défi soit de taille, il vaut mieux s’y attarder assez rapidement, car ce problème fera inévitablement boule de neige et se répercutera au niveau des relations sociales (tant avec les pairs qu’avec les adultes). Le cercle vicieux de l’opposition sera alors entamé. Il est donc toujours plus gagnant d’intervenir en amont.

 

Auteurs: Line Massé, Claudia Verret, Fabienne Boudreault

Disponible aux éditions Chenelière Éducation, ce livre est un petit bijou pour tout intervenant qui œuvre en milieu scolaire. Il renferme notamment plusieurs suggestions d’activités pour aider l’enfant à déployer des stratégies qui lui permettront de faire face à sa colère et de l’exprimer de façon constructive.

Pour plus d’informations:

https://www.cheneliere.ca/7629-livre-mieux-gerer-sa-colere-et-sa-frustration.html

Dernière mise à jour: 11 mars 2021