Le sommeil

© Louise Rodrigue, psychologue/neuropsychologue scolaire

Plusieurs jeunes présentent des difficultés de sommeil, ce qui engendre pour eux des conséquences tant au niveau comportemental que cognitif. Nécessairement, le tout se répercute à l’école.

À quoi sert le sommeil?

Les élèves ont besoin de bonnes nuits de sommeil, car il permet:
  • De récupérer du stress quotidien;
  • De consolider les apprentissages;
  • La restauration physique et psychologique;
  • De favoriser les con­nexions cérébrales et la maturation du système nerveux central;
  • De favoriser le stockage en mémoire à long terme;
  • De favoriser la régulation émotionnelle et comportementale.

Quand le sommeil devient problématique…

La durée

Tout d’abord, avant de considérer ceci comme étant un problème, il est généralement requis que la difficulté se manifeste au moins pendant un mois.

Deux principales classes de problèmes de sommeil

Voici les deux classes de problèmes principales de sommeil que l’on peut retrouver chez les élèves.

Les éveils nocturnes fréquents

Nous référons ici à plus d’un éveil par nuit.

Les problèmes à l’endormissement

Nous référons ici à plus de 20 minutes à s’endormir et pour les adoles­cents, le critère est de plus de 30 minutes.

Trois de­grés de sévérité

Ces problèmes de sommeil varient en termes de sévérité. Voici la manière dont ils sont généralement classifiés:

  1. dérèglement normal, soit un épisode par semaine;
  2. perturbation, soit deux à quatre épisodes par semaine;
  3. trouble, soit cinq à sept à épisodes par semaine.

Enfin, notez que ces problèmes doivent être observés pendant plus d’un mois.

Les répercussions d’un manque de sommeil chez un élève

Voici quelques effets négatifs qui pourraient se manifester…

Fonctionnement cognitif

Ce pourrait être:

  • Des difficultés de concentration;
  • Des difficultés à apprendre de nouvelles choses;
  • Des difficultés au niveau des fonctions exécutives;
  • Des difficultés sur le plan du langage.

Développement socioaffectif

Nous pourrions observer:

  • Une diminution de la régulation des émotions;
  • Plus d’affects négatifs;
  • Un niveau d’agressivité plus élevé.

Développement comportemental

Ici, il s’agit:

  • De la somnolence;
  • Des problèmes de comportement.

En conclusion, lorsque nous observons des difficultés chez les élèves, nous avons tout intérêt à vérifier la qualité de leur sommeil, car un manque à ce niveau peut créer bien des maux!

Références

Bernier, A., Carlson, S. M., Bordeleau, S. et Carrier, J. (2010). Relations between physiological and cognitive regulatory systems: Infant sleep regulation and subsequent executive function­ing. Child Development, 81(6), 1739­1752. doi: org/10.1111/j.1467­8624.2010.01507.x

Cremone, A., Jong, D. M., Kurdziel, L. B., Desrochers, P., Sayer, A., LeBourgeois, M. K. et McDermott, J. M. (2017). Sleep tight, act right: Negative affect, sleep and behavior problems during early childhood. Child Development. 89(2), e42­e59. doi: 10.1111/cdev.12717

Seegers, V., Touchette, E., Dionne, G., Petit, D., Seguin, J. R., Montplaisir, J. et Tremblay, R. E. (2016). Short persistent sleep duration is associated with poor receptive vocabulary perfor­mance in middle childhood. Journal of Sleep Research, 25(3), 325­332. doi: 10.1111/jsr.12375

Touchette, E., Côté, S. M., Petit, D., Liu, X., Boivin, M., Falissard, B., … et Montplaisir, J. Y. (2009). Short nighttime sleep­duration and hyperactivity trajectories in early childhood. Pediatrics, 124(5), 985­993. doi: 10.1542/peds.2008­2005

Dernière mise à jour: 11 avril 2021